« L’avion suspect » a atterri à Bissau sur ordre du Président

La Commission spécialisée pour le domaine de la défense et de la sécurité du Parlement  indique que l’Airbus-340, retenu à Bissau par l’Autorité de l’aviation civile, a atterri dans le pays après une demande expresse de Sissoco Embaló.

Selon le président de la commission, José Carlos Macedo Monteiro, député du MADEM-G15, le parti de Sissoco Embaló (au pouvoir), après une visite à l’aéroport international Osvaldo Vieira, à Bissau, pour s’informer de la situation « étrange » d’un avion bloqué et abandonné à Bissau, la commission parlementaire a été informée par les autorités aéroportuaires compétentes qu’elles n’ont reçu les documents demandant l’atterrissage de l’avion que « quelques minutes avant son arrivée à Bissau ».

Expliquant aux députés, lors de la session parlementaire de ce mardi (09.11), la situation qui secoue le pays depuis le week-end dernier, José Carlos Macedo Monteiro a pointé du doigt le président de la République.

« L’avion a quitté la Gambie. La personne qui a fait la demande d’atterrissage était le chef de cabinet du président de la République, et comme l’Aviation civile n’a pas les compétences pour expertiser l’avion et encore plus parce que c’était une demande expresse de la présidence, il devait autoriser l’atterrissage », a déclaré le député en plénière de l’Assemblée nationale populaire, réunie en première session ordinaire de l’année législative 2021/22.

Les membres de l’équipage ont fui la Guinée-Bissau

Selon les informations recueillies par la commission parlementaire, l’Airbus-340 ne transportait que trois personnes : un pilote, un copilote et un mécanicien. « La présidence a formulé la demande en alléguant que l’avion s’est rendu à Bissau pour y être entretenu. Ce n’est qu’ensuite que les trois personnes ont été emmenées dans un lieu incertain », poursuit le député.

Aéroport international Osvaldo Vieira

« Nous avons maintenant l’information que les trois ont fui la Guinée-Bissau. C’est vraiment une situation très compliquée. La présidence a demandé que l’avion reste à Bissau du 29 octobre au 3 novembre. Je transmets cette information car le monde entier doit connaître la vérité, après tout nous parlons d’autorités qui disent lutter contre la corruption, le trafic de drogue et d’armes. »

Le parlementaire a demandé « l’intervention immédiate du Parlement » en raison des pressions et menaces dont serait victime le PCA de l’aviation civile, Caramo Camará, « bien qu’il ait dit qu’il n’a peur de personne, mais il est nécessaire de convoquer les ministres de l’Intérieur et des Transports pour qu’ils viennent donner des explications supplémentaires parce que l’avion n’est pas arrivé à Bissau sans que personne ne sache ce qu’il apportait et que l’équipage s’est enfui. Il est nécessaire d’attribuer les responsabilités », a conclu le député.
Création d’une commission interministérielle

Réuni en session extraordinaire du Conseil des ministres, le gouvernement a créé une commission interministérielle pour éclaircir les circonstances de l’atterrissage de l’avion. La commission sera composée des ministres de l’intérieur, de la défense et des transports ainsi que du cabinet du Premier ministre , Nuno Gomes Nabiam, et devrait présenter un rapport d’ici vendredi prochain (12.11).

L’avion est arrivé à Bissau le 29 octobre et est depuis lors immobilisé dans la zone militaire de la piste de l’aéroport international Osvaldo Vieira. Mais l’Autorité de l’aviation civile, suivant les ordres du gouvernement, a interdit le décollage de l’avion, sans en donner les raisons, depuis le 4 novembre.

Selon la presse, l’équipage de l’avion – un pilote, un copilote et un mécanicien – a quitté Bissau trois jours plus tard, laissant l’appareil fermé au trafic sur la piste.

Selon une source proche du dossier contactée par Bissauactu, indique qu’il y aura une réaction du président de la République dans les prochaines heures.

 

 

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