La société civile de Guinée-Bissau dépose une plainte contre l’État auprès de la Cour de justice de la CEDEAO

La société civile de Guinée-Bissau a annoncé ce mercredi 27 octobre 2021 qu’elle allait déposer une plainte contre l’État auprès de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour violation des droits de l’homme.

Dans une déclaration de presse faite à la Maison des droits de Bissau, l’Espace de concertation des organisations de la société civile a déclaré avoir décidé de déposer une « plainte contre l’État de Guinée-Bissau devant la Cour de la CEDEAO pour violations répétées des droits de l’homme », après avoir suivi avec « étonnement l’évolution de la situation économique et sociale du pays ».

Selon la société civile guinéenne, la situation actuelle du pays se caractérise par « des grèves successives qui ont paralysé le fonctionnement normal de l’administration publique », accompagnées d’une « incapacité et d’un désintérêt manifeste du gouvernement à créer les conditions d’un dialogue responsable et constructif ».

La société civile a dénoncé que les grèves en cours ont conduit à « l’effondrement total du système national de santé » avec des pertes de vies humaines et « des agressions, un usage disproportionné de la force, des détentions illégales et arbitraires » de dirigeants syndicaux dans une « utilisation claire de la justice comme un outil docile pour vilipender les principes les plus fondamentaux de l’État de droit ».

Dans la déclaration, la société civile dénonce également la « création irresponsable de plusieurs taxes » et l’augmentation des taxes avec des « répercussions sociales et économiques majeures » sur les citoyens, le gaspillage des ressources financières, le « dysfonctionnement total du système éducatif » et les « menaces et chantages systématiques » exercés par le président guinéen contre « les organisations syndicales et la société en général ».

Les organisations de la société civile ont également critiqué le « manque d’intérêt et de volonté politique du gouvernement à prendre un engagement » qui contribue au bon fonctionnement de l’État, et ont condamné la « léthargie et l’incapacité à créer les conditions pour résoudre les graves problèmes sociaux qui affligent le pays ».

Appelant les organisations syndicales à reprendre le service minimum imposé par la loi sur la liberté syndicale, pour « sauvegarder les vies humaines », la société civile guinéenne a également annoncé la création d’une commission chargée de faciliter le dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales pour mettre fin aux grèves en vigueur dans le pays.

Dans la déclaration, la société civile a également demandé « la reprise immédiate des réunions de concertation sociale et de mandater un groupe de dirigeants d’organisations de la société civile membres de l’espace de concertation pour initier des contacts avec les parties afin d’y parvenir.

Depuis près d’un an, la Guinée-Bissau connaît une vague de grèves générales dans la fonction publique du pays, les syndicats exigeant de meilleures conditions de travail et le respect d’une série d’accords négociés avec les autorités gouvernementales.

La grève a eu un effet particulier sur le secteur de la santé, déjà fragile, qui est actuellement complètement paralysé.

Cet impact a conduit le gouvernement à décréter une réquisition civile pour le secteur jusqu’au 31 décembre 2021. L’espace de concertation des organisations de la société civile représente 26 organisations non gouvernementales.

 

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