Rébellion au sein de l’armée contre l’État : La République bouge, la classe politique éclate et s’en mêle à quelques mois de la présidentielle

Ça sent le roussi en France. 20 généraux et une centaine d’officiers ont fait trembler la République en signant une lettre adressée au préisident Emmanuel Macron et envoyée à l’Elysée. Dès réception de cette lettre, le gouvernement s’est érigé en bouclier pour dénoncer cette prise de position. C’est ainsi que fustigeant cette attitude, le chef d’état-major des armées souligne qu’ «  Ils avaient signé une tribune dans Valeurs actuelles, fustigeant le délitement de leur patrie face à l’islamisme  et aux hordes de banlieues, appelant entre les lignes à un coup d’État »,  regrette le général François Lecointre.

 

La position de l’État est formelle. « Ils seront traduits devant le Conseil supérieur militaire. C’est après au président de la République de signer le décret de la radiation. « Au-delà, je leur conteste à tous, en particulier au général Piquemal qui a déjà été radié [après avoir mené des manifestations anti migrants en 2016], le droit de prendre des engagements politiciens en mettant en avant leur grade », peste le général.

Après le général, le Premier ministre s’est aussi prononcé. Jean Castex fustige cette attitude qu’il qualifie de « contraire à tous nos principes républicains. C’est une initiative contraire à tous nos principes républicains, à l’honneur, au devoir de l’armée », a estimé le chef du gouvernement. Une position fortifiée par la ministre des Armées. Florence Parly qui se dit choquée parle d’ « une insulte jetée à la figure de milliers de militaires. Les militaires ont le droit d’avoir des opinions, mais il existe un devoir de réserve. Je ne partage en rien les opinions proférées par ces généraux à la retraite qui appellent à une sorte d’insurrection, du moins, attisent un climat de division »,  souligne la patronne des généraux frondeurs.

La classe politique s’est immiscée dans la polémique. Au-delà des autorités, la gauche aussi a dénoncé cette posture des hommes de troupes français. Cette figure de la gauche française,  Jean-Luc Mélenchon qui représente « La France insoumise », attaque les frondeurs sur son compte Twitter. « C’est une stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leurs collègues d’active à une intervention contre les islamogauchistes. Le fait de provoquer la désobéissance des militaires est puni par la loi », fait-il savoir.

Contre toute attente, la cheffe de file du « Rassemblement national », Marine Le Pen a tendu la main aux frondeurs pour travailler ensemble dans sa ligne directrice de ses convictions politiques. « Messieurs les généraux, rejoignez-moi dans la bataille pour la France. Comme citoyenne et comme femme politique, je souscris à vos analyses et partage votre affliction. Comme vous, je crois qu’il est du devoir de tous les patriotes français, d’où qu’ils viennent, de se lever pour le redressement et même, disons-le, le salut du pays », renchérit la nationaliste. Une sortie qui indispose l’État. Car Florence Parly n’est pas restée vaine. Elle répond. Ce qui me choque encore plus, c’est que madame Le Pen ait pu appeler ces militaires à la rejoindre parce qu’au fond, on voit bien que la campagne des élections présidentielles a commencé. Mme Le Pen n’est guidée que par son ambition personnelle », conclut-elle.

En tout cas, cette fronde aux allants de putsch civil fait rappeler un évènement qui a le même scénario il y a 60 ans : le putsch d’Alger. En son temps, le putsch des généraux du 21 avril 1961, également appelé putsch d’Alger, était une tentative de coup d’Etat, fomentée par une partie des militaires de carrière de l’armée française en Algérie, et conduite par quatre généraux cinq étoiles (Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan, André Zeller). Ils déclenchèrent cette opération en réaction à la politique choisie par le président de la République, Charles De Gaulle, et son gouvernement, qu’ils considéraient comme une politique d’abandon de l’Algérie française. Pour sa part, le général Jacques Massu n’a pas participé à la rébellion.

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