CONFRONTATION ENTRE PRS ET MADEM-G15: Quelles conséquences politiques pour Ùmaro Sissoco Embalo ?

L’alliance entre le Parti de la rénovation sociale (PRS) et le Mouvement d’alternance démocratique (MADEM-G15), avec la participation discrète d’Umaro Sissoco Embaló, ne va pas bon train. A tout moment, il pouvait exploser et les éclats d’obus pouvaient toucher Umaro Sissoco Embaló. Le PRS se méfie des manœuvres du Président de la République (PR), Umaro Sissoco Embaló, visant à renforcer la position du MADEM-G15  lors des prochaines élections.

Cependant, pour le monde extérieur, les deux partis présentent une image différente et certains événements forcent une réconciliation, comme le retour de Domingos Simões Pereira. Plusieurs facteurs ont justifié le mécontentement du PRS, mais trois épisodes ont contribué à alimenter le feu du désaccord.

Le refus du PRS de nommer des gouverneurs régionaux, le refus du PRS de nommer une structure au sein de l’Autorité de régulation du secteur des carburants (ARSECO), et les promotions constantes de militants du MADEM ont provoqué les plus grandes tensions au sein du PRS.

Pour ne rien arranger, il y a aussi le paiement effectué par le ministère des Finances à Braima Camará  d’une valeur de 3 milliards de Fcfa.

Mais aussi l’attention médiatique accordée au coordinateur du MADEM-G15, qui ces derniers temps est apparu avec une certaine fréquence pour montrer la remise des cartes de militants, ainsi que le silence d’Umaro Sissoco Embaló, que certains dirigeants du Renouveau considéraient comme le point d’équilibre. Par conséquent, la nouvelle lecture du PRS est que Sissoco a quitté sa position de pointe de la balance pour renforcer la position de MADEM-G15.

Après une friction entre Sissoco Embaló et le coordinateur du MADEM-G15 sur la question du bois, impliquant une usine présumée appartenant au Premier ministre Nuno Gomes Nabiam sur les terres de Braima Camará dans les zones de Stenaks et la nomination du vice-Premier ministre, les deux semblent à nouveau sur la même longueur d’onde.

Lorsque la tension est montée, Braima Camará avait prévenu que le gouvernement n’était pas une île, et que personne ne pouvait rien faire sans l’autorisation du MADEM-G15, qui, selon Braima Camará, coordonne l’alliance au pouvoir. Umaro Sissoco Embaló a répondu par la menace stratégique d’une possible démission du gouvernement, et a même consulté sur la formation d’un nouvel exécutif incluant l’entrée du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Contre toute possibilité pour les dirigeants du PAIGC de faire partie du gouvernement, une intense campagne de réconciliation a été menée entre les deux parties.

Suite à cette entente, qui a impliqué la médiation d’éminentes personnalités de la sous-région, le MADEM-G15 a également réussi à réconcilier certains de ses militants agressés à la Présidence de la République avec Umaro Sissoco Embaló. Le parti et le PR parlent désormais la même langue.

Cependant, la réconciliation entre les militants du MADEM-G15 et le Président de la République, négociée par Braima Camará, a accentué l’éloignement du PRS, qui est devenu l’une des plus grandes victimes de la gouvernance.

La PRS marginalisée

Les Renouveaux ne parviennent pas à imposer leurs leaders au Conseil des ministres, présidé sans interruption par Umaro Sissoco, et où la question n’est jamais à l’ordre du jour, étant donné que le MADEM et l’APU-PDGB, les partis de l’alliance au pouvoir, demandent une répartition équitable des portefeuilles des gouverneurs régionaux. PRS juge cette demande inconcevable, puisque chaque partie devrait nommer sur la base de ses propres critères et sans aucune condition.

La situation chaotique de l’Autorité de régulation du secteur des carburants (ARSECO) alimente le mécontentement. Le portefeuille du ministère des ressources naturelles appartient à PRS, mais la nomination précédente a été décidée par le Premier ministre, Nuno Gomes Nabiam. Il y a deux mois, le président de la commission ad hoc de l’ARSECO a eu un différend avec les opérateurs du secteur et Umaro Sissoco Embaló a ordonné la fermeture des locaux et la suppression de la commission.

Il a été promis que le PRS récupérerait sa gestion, mais lors de la réunion du Conseil des ministres visant à nommer un nouveau chef de la commission ad hoc, Umaro Sissoco Embaló a refusé. Cette décision a provoqué la colère de certains dirigeants du PRS, qui ont même menacé de retirer le parti du gouvernement si de telles situations persistaient.

Au sein de PRS, des conclusions ont déjà été tirées. Les actions du MADEM-G15 visent à affaiblir les bases du parti, notamment parce que, lors des dernières élections législatives, la plupart des députés du Mouvement ont été élus dans les bastions du PRS, et il existe même des circonscriptions dans lesquelles, en raison des actions du MADEM-G15, le PRS n’a pas réussi à obtenir un siège pour la première fois. Dans l’Oio, le Biombo et les deux régions de l’Est, le PRS s’est senti détrôné par le MADEM-G15. Sur ses 27 sièges au Parlement, le MADEM-G15 en a remporté 24 à l’intérieur du pays, n’étant devancé que par le PAIGC avec 29 sièges.

Ces données étaient disponibles depuis longtemps, mais le PRS a mis beaucoup de temps à les interpréter et à en tirer des conclusions, mais la guerre électorale contre le PAIGC et les batailles juridiques post-électorales ont endormi les esprits des Renouveleurs.

Le jour de l’ouverture de l’Académie Koumba Yalá, Alberto Nambeia n’a pas hésité à viser indirectement ceux qu’il considère comme des militants séduisants du PRS. Un message sans équivoque au MADEM-G15. En attendant, le PRS devrait produire dans son Académie, une série de recommandations avec lesquelles il entend conditionner l’action du gouvernement.

Source: e-Global en portugais

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