AUGMENTATION DES TRAITEMENTS CRUELS ET DÉGRADANTS, DÉTENTION ARBITRAIRE, CORRUPTION: Le département d’État américain peint en noir la gouvernance du Président Embaló

Les traitements « cruels et dégradants » ont augmenté en 2020 en Guinée-Bissau, un pays où le secteur judiciaire est soumis à des manipulations politiques, indique le département d’État américain dans son rapport annuel sur les droits de l’homme.

« La constitution et la loi interdisent ces pratiques, mais le nombre de cas de traitements cruels ou dégradants a augmenté au cours de l’année », peut-on lire dans le rapport, publié mardi 30 mars 2021.

Le document cite en exemple l’attaque contre le député Marciano Indi, contre des militants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) et contre des militants politiques du Mouvement pour le changement démocratique (Madem-G15), ainsi que des arrestations arbitraires, dont celle d’un ancien secrétaire d’État pour un véhicule officiel.

Le rapport indique que, bien que la loi prévoie un système judiciaire indépendant, celui-ci est « sujet à des manipulations politiques ». « Les juges sont mal formés, insuffisamment payés et sujets à la corruption. Le manque de ressources et d’infrastructures retarde souvent les procès et les condamnations sont très rares », note le rapport.

« Les détentions arbitraires par les forces de sécurité ont augmenté au cours de l’année », souligne le document du département d’État américain. Le rapport indique que depuis l’investiture du président bissauguinéen, Úmaro Sissoco Embaló, les Nations unies et les organismes de surveillance de la presse « ont signalé plusieurs actes d’intimidation à l’encontre des médias, y compris des médias d’État ».

Le rapport souligne qu’il n’existe aucune restriction d’accès à Internet et que, bien qu’en juillet 2020, le président bissau-guinéen ait annoncé que les services de l’État commenceraient à surveiller les communications, « rien ne prouve » que cela soit fait.

Le département d’État indique que des restrictions ont été imposées aux manifestations et que « l’impunité des forces de sécurité a contribué à créer un climat d’intimidation ».

Le département d’État américain reste préoccupé par la corruption dans le pays et le trafic de drogue, notant que malgré l’intention exprimée par les autorités actuelles de mettre fin au trafic de drogue, aucune saisie n’a été effectuée en 2020. Le rapport indique que les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme travaillent généralement sans restrictions.

Le département d’État américain souligne également les problèmes liés aux mariages forcés des filles et aux mutilations génitales féminines, ainsi qu’aux enfants talibans. « Selon certaines informations, des filles ont été victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales, y compris de tourisme sexuel, sur les îles Bijagós et dans les bars et hôtels de la Guinée-Bissau continentale », indique le rapport.

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