La Casamance : Un conflit (presque) oublié

Début février 2021, des soldats du gouvernement sénégalais ont pris part à une opération visant à trouver des rebelles en Casamance. La région du sud-ouest du Sénégal est le théâtre d’un conflit bouillonnant depuis les années 1980. Bien que la situation soit restée relativement calme ces derniers temps, le gouvernement a lancé en janvier de cette année une nouvelle offensive contre les fiefs des rebelles.

Une rébellion sanglante

Le cercle vicieux de la violence a commencé en 1982, lorsque les dirigeants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui jusqu’alors luttaient pacifiquement pour l’indépendance de la région, ont été arrêtés. Dans les années suivantes, le groupe s’est radicalisé et, à partir de 1990, a reçu le soutien militaire du territoire guinéen. La Gambie voisine est également de plus en plus impliquée dans le conflit.

Échec des négociations

Il y a eu plusieurs tentatives de cessez-le-feu dans les années 1990, qui n’ont pas duré longtemps, en partie parce que la branche armée du MFDC continuait à se fragmenter. Malgré plusieurs tentatives du fondateur du MFDC, Augustin Diamacoune Senghore, pour parvenir à un accord avec le gouvernement du Sénégal, rien qu’entre 1997 et 2001, des centaines de personnes ont été tuées et des milliers ont dû fuir.

Un moment historique

En avril 2001, le président sénégalais de l’époque, Abdoulaye Wade (à droite), s’est rendu à Ziguinchor en Casamance, un an après son investiture. Le nouveau chef de l’Etat voulait négocier un chemin de paix avec le leader séparatiste Augustin Diamacoune Senghore (à gauche), mais comme l’accord contournait la question de l’autonomie, il a été à nouveau rejeté par les rebelles.

La violence malgré l’accord de paix

En 2004, le chef rebelle Augustin Diamacoune Senghore (à droite) et le ministre de l’intérieur Ousmane Ngom (à gauche) ont signé un traité de paix durable. Bien que le conflit politique ait été résolu, certains groupes dissidents du MFDC ont continué à se battre. Et la violence en Casamance s’est intensifiée.

La paix devient un enjeu électoral

En 2012, le challenger Macky Sall a remporté l’élection présidentielle contre Abdoulaye Wade. L’une de ses promesses était d’apporter enfin la paix en Casamance. Pendant la campagne, Macky Sall a envoyé le populaire musicien sénégalais Youssou Ndour en Casamance.

Violence latente

Malgré tous les efforts de paix, la violence a continué dans les années suivantes. Plus récemment, en 2018, 13 jeunes hommes ont été tués et plusieurs ont été blessés lors d’un massacre près de la capitale régionale de Ziguinchor. Jusqu’à présent, de nombreuses personnes déplacées ne sont pas rentrées chez elles parce qu’elles ont peur.

La vie quotidienne en Casamance

Malgré des flambées de violence récurrentes, les habitants de Ziguinchor, la principale ville de la région de Casamance, poursuivent leur vie quotidienne. Avec plus de 200 000 habitants, Ziguinchor est le principal centre commercial de Casamance et une base importante pour l’armée sénégalaise.

Derrière les rebelles

Selon les informations officielles, les soldats de l’armée ont déjà capturé plusieurs bases rebelles, dont un bunker souterrain, lors de la dernière opération militaire qui a débuté début février 2021. De cette façon, le gouvernement espère également mettre fin aux activités criminelles par lesquelles les groupes rebelles se financent.

La région de la Casamance, au sud du Sénégal, est un foyer de conflit depuis 30 ans – bien qu’officiellement la paix y règne. Avec une nouvelle opération militaire, l’armée a pris des mesures contre les fiefs des groupes rebelles.

Source: Portugais DW

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