Editorial : La Cour suprême de justice, image réelle d’un état mourant !!!

L’incrédulité dans le système judiciaire national est un fait connu depuis longtemps par tous les citoyens. Le dernier épisode ne fait que confirmer le degré d’ambiguïté et de promiscuité qui règne au sein du système judiciaire bissau-guinéen. Avec ce revirement à 360 degrés, les juges de la Cour suprême de justice ont clairement fait preuve d’un manque de fermeté dans le respect de leur serment. Tout sauf la justice !

Tout au long de la crise post-électorale, le STJ a rendu plusieurs arrêts, dont une clarification et une ordonnance, dans lesquels il a ordonné à la Commission nationale électorale de procéder à la tabulation nationale des résultats des élections, ce qui n’a pas été fait par le CNE conformément à la loi, une demande que la Cour suprême elle-même avait confirmée dans son avant-dernier arrêté.

Dire le contraire aujourd’hui, neuf mois après le « lenga-lenga », est une véritable insulte à la conscience de ceux qui se reconnaissent dans le système démocratique et partagent les valeurs de la légalité. C’est une aberration sans précédent et un véritable certificat de mensonge pour tout le peuple bissau-guinéen.

Soit le STJ a trompé l’opinion publique pendant tout ce temps avec des décisions sous forme de pamphlets, soit en se sentant menacé, contraint, il a décidé d’opérer un revirement robotique par un jeu de mots vides. L’un des candidats à la présidence, à plusieurs reprises, insulté les juges et les a accusés de corruption. Comment qualifier ces attaques aujourd’hui ? Comment les juges peuvent-ils justifier une telle contradiction peinte d’incohérences sans adjectifs ?

La réaction passive des citoyens face au dernier jugement est la preuve que personne ne croit en ce système de justice qui est caduc, malgré l’obligation d’obéir aux décisions de la Cour suprême, aujourd’hui dépourvue de toute suprématie.  À l’image de cet État mourant, la justice est totalement anéantie par les virus de la politique, de la mesquinerie, de la corruption, de la promiscuité. Ni la rhétorique ni l’art de rédiger des jugements douteux ne peuvent masquer l’ampleur de l’effondrement du système judiciaire dans ce pays. La réalité est même celle d’une pathologie chronique favorisée par un intérêt politique militant dépourvu de toute valeur éthique et morale.

Par conséquent, les juges ne sont pas les seuls à blâmer pour  discrédit la justice. Les partis politiques et leurs adeptes aveugles (comme les agneaux) sont d’excellents agents de promotion de la justice façonnée en fonction de leurs intérêts. Ceux qui aujourd’hui applaudissent sans enthousiasme la décision du STJ sont les mêmes qui ont prôné sa suppression totale au nom de leurs simples intérêts. Certains ont même suggéré l’arrestation des juges. L’incohérence de l’homme politique bissauguinéen est un cancer qui touche aujourd’hui presque toute la société. Pour ceux qui croient en l’État de droit, la dernière décision doit être respectée malgré ses incohérences flagrantes ! Il sera temps de juger et de mettre chacun dans la prison de sa propre conscience et sur l’autoroute de son laisser-aller !

Justice malade, Etat mourant, les deux sont les faces d’une même pièce ! Cette réalité ne changera pas avec de simples produits cosmétiques. Il faut un choc thérapeutique pour inverser la pyramide ! !!

Source : O demoncrata

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *