LIBERATION DE SOUMAILA CISSE : LES CHOSES BOUGENT ET L’AVENIR EST PROMETTEUR

L’enlèvement de Soumaila Cissé  le 25 mars dernier, a été un choc pour ses proches, mais aussi, plus largement, pour l’ensemble de la classe politique malienne. « Nous avions eu des assurances des autorités locales que la zone était sécurisée et qu’un convoi militaire avait ratissé la zone la veille », raconte un proche de Soumaïla Cissé, kidnappé avec lui ce jour-là et relâché une dizaine de jours plus tard.

« Notre convoi avait quitté Saraféré pour Koumaïra, où nous étions attendus. C’est entre ces deux villages que nous avons été attaqués. Son garde du corps a été touché par balle au cou et il s’est vidé de son sang avant de mourir. D’autres avaient des blessures très graves à l’abdomen, à la bouche… C’était d’une violence inouïe », se souvient-il.

Ne voyant pas arriver Soumaïla Cissé et ne parvenant pas à joindre son équipe par téléphone, le maire de Koumaïra, inquiet, envoie alors deux personnes sur la route que devait emprunter le convoi, en quête de nouvelles.

« L’un des deux émissaires a été capturé par nos ravisseurs. L’autre a pu s’échapper et donner l’alerte au village. C’est là que le maire a informé l’épouse de Soumaïla Cissé que quelque chose lui était arrivé. Cela a été un coup dur pour elle et ses fils », rapporte notre source.

Mobilisation et lobbying

Dans les jours qui suivent, plusieurs pistes sont lancées pour tenter d’obtenir sa libération. Les services de renseignement sont à pied d’oeuvre et des élus locaux tentent des médiations, sans succès. Selon un cadre de l’URD, le dossier attire également « des escrocs », qui assurent avoir des canaux de communications avec les jihadistes, et empochent de l’argent avant de disparaître. « Mais ils ont été arrêtés par la brigade territoriale », se félicite ce proche de Soumaïla Cissé.

En parallèle, la cellule de crise mise sur pied par l’URD mène une intense campagne de sensibilisation et de lobbying, au Mali et à l’international, notamment en France.

Début juin, le sénateur des Français de l’étranger, Damien Regnard, a adressé un courrier au Quai d’Orsay dans lequel il s’inquiète de « l’absence d’une mobilisation forte de la France et de la communauté internationale ». Un mois plus tard, c’est le député Bruno Fuchs, vice-président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, qui interpelle le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Discrète les premiers temps, de peur de gêner les négociations, la famille de Soumaïla Cissé change de stratégie face à l’absence d’avancée. Son fils accorde des interviews à des médias locaux et la famille active son réseau.

Preuve de vie

Le 23 juillet dernier, alors que le M5-RFP et les chefs d’État de la Cedeao se rencontrent à Bamako, Astan Traoré, l’épouse de l’opposant, demande aux présidents de la sous-région d’agir afin qu’il soit libéré. En parallèle, elle continue à recevoir la visite d’ambassadeurs occidentaux, notamment ceux de la France et de l’Allemagne, qui viennent s’enquérir de sa situation et évoquer avec elle l’avancée des négociations.

Mi-août, le Comité international de la Croix Rouge (CICR) parvient à faire passer une lettre de Soumaïla Cissé à sa famille, qui réclamait depuis des semaines des preuves de vie. « Cette action ponctuelle entrait dans le cadre de notre mission de rétablissement du contact entre les personnes enlevées et leurs familles. Nous ne sommes pas concernés par les négociations pour sa libération », insiste cependant Mirella Hodeib, porte-parole de l’ONG au Mali.

Source : JA

 

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