GUINÉE-BISSAU-VERDICT DE LA COUR SUPREME: Paulo Sanha et Osíris da Silva Ferreira ne sont pas sur la même longueur d’onde

Paulo Sanha, Président de la Cour de justice de Guinée-Bissau, et le juge Conseiller Osíris da Silva Ferreira, sont dans une grande crise pour rendre un arrêt sur le contentieux électoral présenté par le candidat battu à l’élection présidentielle du 29 décembre M. Domingos Simões Pereira.

Lors du 33ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine tenu à Addis Abeba en Ethiopie, l’Organisation ouest-africaine a demandé au STJ de Guinée-Bissau de se manifester avant samedi sur le contentieux électoral.
Le Président de la Commission de la CEDEAO a suggéré au STJ d’agir en conformité avec la Constitution et la loi électorale du pays.

La Guinée-Bissau est dans une impasse postélectorale depuis que le candidat Umaro Sissoco Embaló a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission nationale électorale (CNE). Son adversaire, Domingos Simões Pereira, qui s’est présenté sous la bannière du Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC), qui détient le gouvernement du pays, a fait appel au STJ pour annuler les élections pour fraude et irrégularités présumées.

Les représentants des États de la CEDEAO se sont réunis pendant trois heures en marge du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba pour analyser l’impasse postélectorale résultant de la publication des résultats du second tour de la présidentielle du 29 décembre 2019. « Les chefs d’État ont longuement analysé la situation et ont demandé à la Cour suprême d’examiner cette question conformément aux dispositions constitutionnelles et la loi électorale de la Guinée-Bissau avant le 15 février », a déclaré M. Brou.

Le président de la Commission de la CEDEAO a souligné que tous les pays de l’organisation étaient représentés. « Ce fut une discussion très longue et importante, et je pense qu’elle nous permettra d’avancer dans l’objectif de parvenir rapidement à une normalisation institutionnelle et politique en Guinée-Bissau », a-t-il déclaré. M. Brou a fait référence à un communiqué qui sera publié par l’organisation à Addis-Abeba pour plus de détails sur la réunion.

Une source de la Cour suprême informe que le jugement en réponse au litige électoral déposé par le PAIGC au STJ devait sortir cette semaine, mais il y a une impasse entre deux personnalités de cette instance supérieure du pays en l’occurrence le Dr Paulo Sanha et Osíris da Silva Ferreira. Les deux auraient eu des malentendus avec certains de leurs collègues avant de prendre une décision finale.

Selon notre source le communiqué de la CEDEAO a créé la panique au sein du STJ que s’ils annulent l’élection, elle pourrait être tenue responsable de la situation par la CEDEAO et l’UA.

La Commission électorale nationale considère que le résultat du second tour de la présidentielle est « finalisé et rendu définitif ». La CNE a ainsi validé les résultats du second tour qui ont donné la victoire à Sissoco Embaló.

Selon un juge conseiller et un analyste politique que nous avons contacté, la loi électorale bissau-guinéenne ne prévoit pas l’annulation d’une élection. Cependant, les sources précisent qu’on peut annuler les résultats des bureaux de votes surtout si des réclamations ont été faites et concernant des bureaux de vote le jour du scrutin. Toutefois, ce cas n’a pas été noté. Aucune réclamation n’a été faite jusqu’au jour de la proclamation des premiers résultats. C’est 48 heures après la proclamation des résultats que des recours ont été faits.
Actuellement, la Guinée-Bissau est encore en otage.

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