Manoeuvres contre Umaro Sissoco Embalo : l’Angola veut introduire Domingos Simoes Pereira Chez Denis Sassou Nguesso

Il n’y a pas que la Guinée Conakry qui complote contre le général Umaro Sissoco Embalo en direction du second tour de la présidentielle bissau-guinéenne. Il nous est revenu que le chef de l’Etat angolais est dans le coup. Ce dernier ne ménage aucun effort pour introduire Pereira auprès de Denis Sassou Nguesso du Congo, quitte à provoquer la colère de dirigeants ouest-africains.

C’est connu, le soutien que les narcotrafiquants apportent à Domingos Simoes Pereira transite par Conakry. C’est ce qui explique, essentiellement, les connexions nébuleuses entre Alpha Condé et le Paigc (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert). Mais la conspiration internationale contre Umaro Sissoco Embalo est plus vaste que cela. Elle prolonge ses ramifications dans d’autres parties du continent, avec un métronome nommé Joao Lourenço, président de la République angolaise. Nos sources révèlent que ce dernier ne ménage plus aucun effort pour, avec effraction, introduire Domingos Simoes Pereira auprès de Denis Sassou Nguesso. Pour votre information, c’est l’architecte Tchitchi qui a bâti les liens entre Domingos et l’homme fort de Luanda. Il coule de source que le but de la manœuvre vise à décrocher le soutien du président congolais. Pour avoir porté la demande d’audience, le département des relations internationales du Paigc n’attend plus que la réponse de Denis Sassou Nguesso.

Pourtant, par le passé, quand le leader de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, a voulu rencontrer l’homme fort de Brazzaville, des dirigeants de la sous-région s’y étaient opposés, en voulant sauver les bonnes relations entre les présidents Condé et Sassou. De la même manière, ces mêmes chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, dont ceux du Nigéria, Sénégal de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Burkina Faso, trouvent que si le président congolais reçoit une délégation du Paigc, à quelques jours du second tour de la présidentielle bissau-guinéenne, le fait pourrait entamer la belle entente entre Sassou Nguesso et son fils spirituel Embalo. Nous avons appris de sources diplomatiques nigérianes que le président Muhammadu Buhari serait très peiné si la conspiration de l’Angola et de la Guinée Conakry contre la Guinée Bissau venait à produire l’effet escompté chez le chef de l’Etat congolais. Il verrait d’un mauvais œil qu’un pays membre de la Communauté pour le développement d’Afrique australe (Sadc) vienne s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat ouest-africain.

Dans certains cercles très bien informés, on met sa main au feu pour affirmer que l’Angola a remis à son poulain du Paigc 6 millions de dollars. L’argent a été convoyé par son directeur de la Sécurité qui, en partance pour les Etats-Unis d’Amérique, a fait escale à Bissau. A notre grande surprise, c’est l’évêque principal de Bissau qui a gardé ces fonds. Cela, nous le tenons de sources très bien introduites auprès de l’évêque. Au lendemain de la proclamation des résultats issus de premier tour, la voiture et le cortège de Domingos Simoes furent filmés au domicile du guide religieux, qui n’a jamais démenti cette information.

Malgré toutes ces manœuvres angolaises, le général Embalo est bien en cour à Lisbonne, où il est soutenu par le Premier ministre portugais, tandis que Domingos se contente de sa proximité avec le ministre des Affaires étrangères de ce pays européen.

Les comploteurs sont prédisposés à une vision sombre de l’avenir par la popularité du candidat du Mouvement pour l’alternance démocratique (MADEM G-15) à qui les pronostiqueurs attribuent 60 % des intentions de vote au second tour. Son discours nationaliste a pénétré les masses, à ce moment décisif où le peuple cherche l’oiseau rare pour chasser les démons de la division qui ont retardé l’émergence économique d’un pays pourtant bien doté par la nature. Umaro Sissoco Embalo, qui vient d’obtenir le ralliement de l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, n’est pas loin de son objectif, puisque qu’il a déjà enrôlé l’ex-chef d’Etat José Mário Vaz et Nuno Gomes Nabiam. Si l’accord avec ce dernier n’a pas encore été finalisé, c’est parce que le candidat de l’APU-PDGB et du PRS devait accueillir ce 29 novembre la dépouille de son père, en provenance du Portugal.

Ainsi, Domingos Simoes Pereira s’accroche à la fibre de l’ethnicisme pour espérer faire ombrage à son challenger, par un prisme déformant. A cet effet, il porte une théorie du complot cherchant, vainement, à établir qu’il y a un projet secret pour installer un Peulh à la tête de la Guinée Bissau. Pour faire avaler la pilule, il raconte à son monde que la Gambie, le Niger et le Sénégal sont tous dirigés par des membres de la communauté poular. Une histoire cousue de fil blanc, bien sûr. Au contraire, c’est Domingos qui a maladroitement sollicité l’évêque de Bissau, aux fins d’étendre son influence.

Qu’à cela ne tienne, les chefs d’Etat du Niger, du Nigeria et du Sénégal, soucieux de la stabilité de la sous-région, n’ont pas réservé une suite favorable aux multiples demandes d’audience de Domingos Simoes Pereira.

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