Afrique : Dans la nuit de la folie des hommes, le Dr Denis Mukwege remet de la lumière

Le Dr Denis Mukwege remporte la première place – ex æquo avec le peuple algérien – du classement 2019 des 100 Africains les plus influents réalisé par Jeune Afrique. Co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2018, « l’homme qui répare les femmes » fascine et influence bien au-delà des frontières de la République démocratique du Congo d’où il est originaire.

Le 23 avril 2019, les États-Unis s’opposent à un projet de résolution des Nations unies visant à combattre le viol comme arme de guerre. L’ambassadeur américain aux Nations unies objectera que la référence à la « santé mentale et reproductive » des femmes constituait un encouragement à l’avortement. De même a été soustrait de ce projet la mise en place d’une structure internationale visant à alerter rapidement sur les viols de masse et à punir les éventuels coupables. Sous l’action conjuguée et contre nature de la Chine, la Russie et les États-Unis le texte, finalement adopté a été vidé de toute substance.

Un épiphénomène à l’observation de la décrépitude des valeurs de compassion, de bienveillance et d’entraide présumées symboliser notre époque. Le signe également que dans notre monde en ébullition, certains estiment que jamais ils n’auront besoin de recourir à cette forme de protection tant ils sont peu susceptibles de subir la violence extrême et inadmissible d’un autre groupe humain.

Alors ils soignent leur électorat, rien n’est au-dessus de leur survie politique, ou de la sauvegarde de leurs intérêts propres, rien pas même la souscription, toute théorique à la nécessité de protéger les plus exposés d’entre nous en temps de troubl « Il nous restaure tous » Le Dr Denis Mukwege exerce dans le Kivu, région de la République démocratique du Congo si mutilée par plus de vingt ans de conflits armés que les statistiques morbides sont trop épouvantables pour s’imprimer durablement dans l’esprit humain.

On parle de millions de morts, de milliers de déplacés, de liens entre les bourreaux et les victimes si inextricablement entremêlés que personne ne saurait plus faire le tri. Argument repris à chaque fois qu’un conflit n’intéresse pas suffisamment pour être réglé ou que personne, parmi ceux qui comptent, font et défont les règles de la justice internationale, ne tient à mettre en lumière les vraies forces en présence, les intérêts économiques à qui profite le désordre meurtrier.

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