Nécrologie : Témoignage sur la vie de Joseph William Insa SADIO (texte lu lors de sa messe d’enterrement)

11 mai 2017-11 mai 2019. Voici 2 ans que nous quittait notre bien aimé frère Joe Sadio dit PAPY. Merci de prier pour lui.

Mon cher Joe, à l’annonce de ton décès, tes amis et la famille entière étaient consternés.

Silence pour les uns ; pleurs pour les autres mais assurément stupéfaction pour tous. Seule la foi en notre Seigneur nous permet d’accepter le Décret Divin qui t’a arraché à notre affection ce 11 mai 2017 à 8h55 heure de Lille.

Tu aurais eu 34 ans le 20 octobre prochain.

Tu aurais soutenu ta thèse de Doctorat en Droit pour le mémoire que tu as déjà fini de rédiger !

Tu aurais vu grandir tes neveux et nièces que tu chérissais tant.

Mais mon cher Papy, le Seigneur en a décidé autrement.  Jambaar, j’aurais dû te demander pardon à l’entame de mon propos et au nom de la famille tout entière, d’avoir pris la parole pour parler de toi. Nous savons tous que tu aimais passer inaperçu. Alors, pardon pour cette entorse à ta ligne de conduite.

Je vais également te demander pardon car mon texte va probablement te paraître décousu par moments. Oui, mon frère, c’est l’émotion et la spontanéité qui ont été le fil conducteur de ce témoignage que j’ai dû rédiger à la demande générale.

J’ai du mal à parler de toi au passé car ton souvenir reste et restera vivace dans nos pensées.  Donc pardonne-moi si d’aventure j’alterne inconsciemment le présent, le passé simple et l’imparfait dans ce récit cousu du fil blanc de l’émotion.  Aujourd’hui, nous rendons grâce au Seigneur qui nous a donné le privilège de t’avoir eu comme frère, comme fils, comme oncle, comme neveu ou comme ami.

Tu as personnifié la joie de vivre pendant tout ton séjour sur terre. A chaque fois que tu étais quelque part, la plupart des éclats de rire étaient dus à ton incroyable sens de l’humour.  En même temps, tu savais faire preuve de sagesse, de mesure et de discernement dans tes propos et dans ton comportement. Ce qui faisait de toi l’ami de tous et le confident de beaucoup.

Ton attachement à la vérité était sans commune mesure. Tout petit déjà, j’entendais beaucoup de nos oncles, tantes et autres adultes dire : « Papy, dëgg mo ko yakk », c’est-à-dire « Papy ne dit que la vérité ». Très tôt donc, tu t’es forgé une étoffe d’homme de conviction et tu n’as jamais dérogé à cette règle que tu t’es fixé personnellement !

Ta foi inébranlable en Jésus-Christ nous a beaucoup impressionnés. Je me souviens que tu te levais pour assister à des messes de requiem pour lesquelles tu ne connaissais le défunt ni d’Adam, ni d’Eve. Tu le faisais car tu aimais soutenir les fidèles défunts par la prière.  Et c’est cette même foi qui t’a permis de vivre ta maladie en silence, en prière et d’accepter la volonté divine dans un état d’esprit qui a même impressionné l’aumônier de l’Hôpital Saint Vincent de Paul à Lille.

Tu as reçu le sacrement des malades et communié tous les jours de ton séjour hospitalier. Que Le Seigneur, à présent te fasse une place au Paradis pour que tu participes au Festin du Royaume Eternel.  Tu aimais lire et écouter la Parole de Dieu mais tu adorais SURTOUT la mettre en pratique. Avec ton rappel à Dieu, les paroles et les actes que tu posais revêtent aujourd’hui un cachet différent.

En parlant de différence, tu étais un garçon différent des gens de ta génération car rien de ce qui est matériel ne te faisait courir ; même changer de téléphone portable t’agaçait ; tu disais toujours « j’ai d’autres priorités ». C’est aussi cette réponse que tu servais à chaque fois que tu étais invité à prendre part à des mondanités.

Tu aimais également lire, te cultiver et échanger ton point de vue lors de discussions intellectuelles. Ton passé de latiniste et ta passion pour les sciences juridiques y étaient sans doute pour quelque chose ; même sur ton lit d’hôpital, alors que tu te sentais que tu allais quitter ce bas monde, tu as trouvé le temps de coucher sur du papier des réflexions qui, j’en suis convaincu, serviront à nombre de constitutionnalistes se penchent sur la discipline et son application en Afrique.

Des personnes ont appelé de toutes parts pour nous témoigner affection, solidarité et compassion suite à ton décès. Mais toutes ont apprécié ta politesse, ta courtoisie, ta discrétion, ton humilité, ta simplicité, ta générosité, ton amour du travail bien fait, ta culture générale, ta détermination, ton intelligence, ta joie de vivre et surtout ta spiritualité et ta foi !

Tu as été baptisé le 12 mai 1984 dans cette même paroisse de Saint-Pierre de Baobabs et un 11 mai 2017 tu as rejoint le Seigneur dans les Cieux.

Ta vie de baptisé aura duré exactement 33 ans ! Ce chiffre nous rappelle l’âge du Christ quand il a été crucifié …

Tu étais à l’hôpital Saint Vincent de Paul à Lille (FR) le Jeudi Saint et le Vendredi Saint pendant que ton ami d’enfance Joseph Sobel, qui a été à ton chevet pendant toute ta maladie, était physiquement à l’Eglise du Sacré-Cœur à Paris en train de porter la croix de Jésus en signe de communion avec toi. Oui tu aimais être en communion avec le Christ !

Ton amitié avec Sobel qui date de 25 ans au moins nous montre que le monde abrite encore des gens foncièrement bons et désintéressés qui témoignent quotidiennement que rien de durable ne se construit sans l’Amour du prochain, cet amour qui permet de voir autrui comme soi-même avec ce que Le Bon Dieu lui offre de Beau et de Bon.

Joseph Sobel, que Le Bon Dieu te prête la longue vie qu’IL n’a pas accordée à ton frère Joseph William !

A toutes les personnes de Bonne Volonté qui soutiennent, ont soutenu ou soutiendrons la famille en cette douloureuse circonstance, que Le Dieu Tout Puissant vous comble de Ses Bienfaits.

Dans l’Evangile selon St-Matthieu chapitre 16 versets 24 à 26, il est écrit : « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? ou, que donnerait un homme en échange de son âme ? »

Mon cher Joe,

Tu as compris très tôt que tout être humain est mortel et tu disais « nous sommes tous des pèlerins sur terre ». Maintenant que tu as accompli ton pèlerinage terrestre, en ayant vécu dans l’espérance de la Résurrection, nous prions que Le Dieu Tout-Puissant t’accorde Sa Miséricorde Sans Fin et qu’IL t’ouvre grandement Les Portes du Paradis. AMEN.

De Là-Haut, auprès de la Vierge Marie, avec les Anges et les Saints, continue de veiller sur nous comme le font déjà notre Maman Julienne et les défunts de notre famille.

Tu aimais citer le chapitre 3 verset 1 du livre de la Sagesse qui dit « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment ne les atteindra jamais. »

Tu disais aussi que « tout est grâce ! » et ce, alors que tu sentais la fin imminente de ton séjour terrestre ».

Papy, que Le Seigneur t’accorde la grâce de Sa Miséricorde, Le Paradis Sans Fin et Le Repos Eternel. AMEN !

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